La rencontre a eu lieu à l’Ubu, nous avons été autorisés à assister à la balance pour le concert donné en soirée dans cette petite salle rennaise, terrain de jeux de l’ATM (l’Association Trans Musicales qui gère l’Ubu tout au long de l’année).

Avec les élèves nous attendons sagement à l’entrée de service que Marion, notre guide de l’association, nous donne le feu vert pour rentrer. Le son est déjà fort, la salle plongée dans l’obscurité, nous passons en file indienne au milieu de quelques techniciens de noir vêtus, équipés du talkie walkie et du casque/micro réglementaires. Dans la salle nous sommes le seul groupe scolaire à pouvoir assister à la balance, les élèves s’assoient sur les gradins, face à la scène, quelques mètres à peine. Alors à quoi ressemblent-ils ces 3 Rockeux de 20 ans ?…jean, baskets, tee-shirts improbables, et mèche savamment tombante sur le visage (« c’est trop dommage on voyait pas ses yeux » dira à la sortie une élève un peu déçue à propos du bassiste). Ils sont trois donc, la formation idéale pour faire du rock, et faire du riff, en veux-tu en voilà…que joue le bassiste relié à son ampli orange (Amp). Seul le chanteur/guitariste fait quelques manips entre ses 2 amplis, plus pour régler le volume de la disto qu’un quelconque effet trop compliqué (y’en a d’autres qui font Za ! très bien). En tout cas la disto est bonne, la Télécaster si elle pouvait parler…. Et puis le bout d’une chanson en anglais. Pas d’inquiétude, il chante aussi en français. Le contraire aurai été dommage. Du coup ils ont eu le temps de jouer 2 morceaux en entier, dont Sexy suicide : un riff sur Mi et Sol, à la Wraygunn (qui enflamma cette même scène il y a quelques années), simple et efficace. Dans la salle, toujours assis sagement, nous somme tout ouïs, le son est bien fort. Les basses font vibrer l’estomac comme il faut. La voix et la guitare sont bien équilibrées. Quant au batteur, ses va-et-vient Elvinjonesiens entre ses cymbales lui donnent très vite chaud : et un tee-shirt qui vole ! Et les (déjà) groupies de se regarder avec un large sourire et les yeux écarquillés… En tout cas ça sonne, des accents à la Jack White (autre Nation), à la Tigermann donc aussi, le manche de guitare empoigné avec les bends qui le font, et la voix poussée dans les aigus quand il faut. 2 morceaux suffisent à envoyer le bois (du manche). Pas le droit d’applaudir, on n’a pas osé, même si c’est pas l’envie qui manque. Dommage, on aurait bien aimé voir ça en Live, avec sueur pour le public ce coup-ci. Mais nos apprentis reporters ont encore du pain sur la planche au Village-Pros, faut y aller…ce sera pour la prochaine fois.

Quelques heures plus tard dans le Village : surprise. En compagnie de 3 élèves venues interviewer Béatrice Macé. [Allez écouter son interview plus loin, une femme très pertinente] Quelle n’a pas été la joie des 3 jeunes filles de pouvoir parler avec certainement les premières rock stars de leur vie, en vrai.

Accessibles, ce serait dommage à leur âge, ils discutent très facilement. De leur nom : en référence à un album de Sonic Youth. De leurs influences : The Clash entre autres. De ce qu’ils écoutent : du jazz pour le batteur…je m’disais aussi. De ce qu’ils projettent : de la musique, uniquement de la musique, les études en stand by, c’est décidé.

Alors, par où sont-ils passés pour arriver à sonner si bien aussi tôt ? Par la case rock, évidement, sans passer par la case pop. Un détour par la case punk sans aucun doute. Au-delà de l’image de teenage group, il y a une envie audible de faire un Rock sans fioritures. Et si ça peut donner le virus à des ado(e)s, qu’ils m.p.troient du son saturé plutôt que du Shakigaga, tant mieux. Continuez comme ça Dissonant Nation, et bon vent (Breton).